Il ne fait pas bon aimer la techno en cet été 2014

La période estivale aura été compliqué pour la scène teknoïde et électronique en France. Entre annulation et répression, nombreux sont les événements légaux et illégaux ayant été l’objet d’annulation, de saisie et autre intervention des autorités.

Alors que certains festivals ayant lieu chaque années, sont dans la ligne de mire des autorités locales (refus de sites), on se dit en suivant les informations tombant chaque semaines qu’il fait de moins en moins bon aimer la techno et toutes les sonorités électroniques en cette année 2014.

Dans sa rubrique culture, Le Monde s’est intéressé sous la plume de Laure Andrillon aux difficultés des organisateurs, associations et technophiles de pouvoir vivre leurs passions en France depuis quelques mois.

Cependant, l’article tend à imposer une séparation entre la mouvance teknoïde, les free parties et la scène électronique, qui dans la réalité est loin d’être aussi nette.


Un été raté pour l’électro

« Technopol, l’association pour la défense, la reconnaissance et la promotion des musiques électroniques, s’inquiète, dans un communiqué du 7 août, de l’avenir de la musique électronique en France. Ce que dénonce avant tout son président, Tommy Vaudecrane, c’est le « recours immédiat et constant au discours de l’affect » quand il s’agit de musique électronique. Les festivals électro sont sans cesse associés à des débordements : alcool, drogue, violence et dégradation sont utilisés pour « faire peur ». « Il faut arrêter la caricature et le cliché », demande Tommy Vaudecrane qui rappelle que « quand on attire des milliers de personnes, tout le monde n’est pas drogué ». »

Une forme de discrimination

Les mairies rendent de plus en plus difficile l’organisation de festivals électro, ce qui relève selon Technopol d’une forme de discrimination envers un certain type de musique. « Je ne veux pas être responsable de morts pendant ce festival », avance Philippe de la Grange, maire FN du Luc-en-Provence, pour justifier son annulation tardive du festival Amne’Zik. Cet événement aurait dû rassembler 10 000 personnes dans un circuit automobile de 15 000 m2, du 8 au 10 août. Même si le maire assure que « toutes les musiques sont les bienvenues », l’invocation de raisons sécuritaires liées à de forts risques d’incendie révolte Anthony Lasagna, organisateur du festival : « C’est l’excuse toute trouvée », répond-il, décidé à éclaircir les circonstances de l’annulation qui met en jeu 150 000 euros pour une jeune association de passionnés au capital réduit.

L’hostilité envers l’électro n’est pas à expliquer par la simple couleur politique, fait remarquer Technopol. Philippe Saurel, le maire PS de Montpellier, a lui aussi eu recours à ce que Tommy Vaudecrane appelle le « discours de l’affect » : le 31 juillet, quelques jours après la troisième édition du festival Family Piknik, version diurne et plus familiale du festival électro, il annonce que c’est la dernière fois que sa ville organise cet événement. « Les gens sur place ne buvaient pas que du coca et ils ne fumaient pas que de la menthe et j’en passe par pudeur, donc je dis stop. », déclare le maire qui voit en ce festival un véritable danger pour la ville.

Mauvaise réputation des rave parties

Les festivals électro semblent aujourd’hui pâtir de la réputation des rave-parties, alors même que, comme le rappelle Technopol, « ils sont soumis à une législation extrêmement complexe, notamment si on la compare à nos voisins européens ». Philippe Saurel disait à propos de Family Piknik : « Je veux bien faire de l’électro, mais je n’ai pas vocation à soutenir les rave-parties ». Pourtant ce festival, encadré et se déroulant chaque été en plein centre-ville, n’a rien d’une rave-party.

« L’électro, c’est aussi un métier, et on ne peut pas s’adresser à des entrepreneurs de cette manière-là ». Technopol considère que la musique électro est à elle seule une industrie : Tommy Vaudecrane souhaiterait que la France prenne exemple sur des pays comme la Hollande qui tirent parti du succès de la musique électro tout en conservant un cadre strict et sécuritaire. « Il faut vivre avec son temps », ajoute-t-il. « Il y a une magnifique génération alternative en France, et nous sommes passés à côté de quelque chose ».

Technopol ne fait pas que dénoncer un discours discriminant qui se fait de plus en plus habituel. L’association, organisatrice de la Techno Parade qui fera vibrer les rues de Paris le 13 septembre, tient également à mettre en garde contre une certaine « autosatisfaction parisienne » : le succès de l’événement électronique qui fait le plus parler de lui en France pourrait bien occulter les difficultés qui demeurent dans le reste du pays.

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